dimanche 31 mars 2013

Des rillettes de maquereau fumé

(Photo tirée du site http://www.atkinsetfreres.com)

Au hasard de mes pérégrinations dans le web, je suis tombé un jour sur cet article du Gardian intitulé How to make perfect smoked mackerel pâté. L'auteure y fait l'analyse de diverses variantes de rillettes (ou tartinade) de maquereau et termine avec sa recette préférée. (Si vous pouvez lire l'anglais, je vous en recommande la lecture). J'ai gardé l'article dans mes signets un bon moment avant d'enfin me décider à essayer la fameuse recette dite parfaite. C'est maintenant chose faite et, ma foi, le résultat est très bon et très rapide à réaliser.

Le poisson, dit-on, est bon pour la santé. Par contre, choisir son poisson en fonction de critères écologiques est de plus en plus compliqué, comme nous en parlions dans un précédent article. Le maquereau est une vedette tant du point de vue de la diététique (source de ces fameux oméga-3) que de la gestion des stocks (espèce pas du tout menacée) et de la proximité de l'approvisionnement (on le pèche dans l'estuaire du Saint-Laurent). Vous pourrez donc réaliser cette recette la conscience tranquille.

Voici donc une adaptation de cette recette, en fonction des ingrédients et des proportions que j'ai utilisés.

Ingrédients:

  • 2 filets de maquereau fumés à chaud.
  • 100 g de fromage à la crème.
  • 60 ml de crème fraîche (je gage que de la crème sûre ou du yogourt feraient tout aussi bien l'affaire).
  • 2 généreuses c. à thé de moutarde Dijon (remplace une quantité équivalente de raifort que je n'avais pas dans le frigo).
  • Environ 2 c. à soupe de jus de citron (ou plus, au goût).
  • Environ 2 c. à soupe d'aneth finement hachée (vous pouvez en mettre davantage; personnellement, je voulais que le goût de l'aneth demeure très subtil).
  • Poivre du moulin.

Préparation:
  1. Retirer la peau des filets de maquereau. Mettre les trois quarts du poisson dans un mélangeur et réserver le reste. Ajouter dans le mélangeur le fromage, la crème fraîche et la moutarde. Mélanger jusqu'à consistance lisse.
  2. Hacher grossièrement la portion de poisson réservée et l'incorporer au mélange, ainsi que le jus de citron et l'aneth. Poivrer généreusement. Si le cœur vous en dit, ajouter une pincée ou deux de poivre de Cayenne (ou de piment d'Espelette, etc.).
Donne environ 2 tasses (désolé, je n'ai pas mesuré). Si vous avez le temps de réfrigérer deux heures avant de servir, la texture sera plus ferme et idéale pour tartiner.

(Photo tirée du site du Gardian - http://www.guardian.co.uk/lifeandstyle/wordofmouth)

Servir sur des biscottes. Excellent comme hors-d'œuvre à l'apéro, ou au brunch, accompagné de salades froides, par exemple des asperges vinaigrette et une salade de betteraves à l'aneth.

(Note: La prochaine fois, question d'obtenir une texture moins lisse et un peu plus rillettes, j'essaierai de mettre un peu moins de fromage et de crème fraîche, tout en augmentant la proportion du poisson à incorporer au mélange.)

Le résultat est-il, tel que promis, parfait? Sans doute pas. Mais une chose est sûre: il est très satisfaisant compte tenu de l'effort minime déployé!

jeudi 28 mars 2013

Un pain aux bananes sans sucre

J'étais sceptique. Je l'avoue. Quoi ? Un pain aux bananes sans sucre et qui est délicieux et moelleux ? Nan ! Pas possible. En fait, vous auriez plus de chance de me convaincre en affirmant haut et fort et sans sourciller que les croustilles saveur « all dressed » possèdent des vertus curatives anti-cancer (mon rêve !). Ou bien alors que manger une portion quotidienne de frites garantit une santé cardiovasculaire digne d'un marathonien. Mais un pain aux bananes non sucré qui est au minimum mangeable ? Soyons sérieux !


Bref, mon amie qui avait évoqué l'existence de ce truc forcément issu d'un monde imaginaire, en avait apporté un exemplaire au chalet cette fin de semaine-là et m'offrait d'y gouter. Je m'exécutai donc, tant par curiosité que par politesse. Quel ne fut pas ma surprise ! Mon scepticisme, tellement représentatif de ma fibre 100% scientifique fut alors joyeusement confondu (du-du). Ce pain était incroyablement savoureux et la texture, moelleuse à souhait. Et ce bon goût de bananes et de chocolat qui n'est pas plombé par une tonne de sucre ? Oui je le veux !

Ingrédients
  • 3 bananes bien mûres
  • ¼ tasse de beurre fondu ou d'huile de canola
  • 1 œuf légèrement battu
  • 1½ tasse de farine
  • 1 c. à thé bicarbonate de soude
  • 1 tasse de brisures de chocolat mi-sucré *
  • ½ tasse de noix de Grenoble (facultatif)
* Les plus malins d'entre vous auront remarqué que la recette fait intervenir des brisures de chocolat mi-sucré, ce qui semble aller à l'encontre de l'appellation "sans sucre" de la recette. Vous avez vu juste. Toutefois, l'absence totale de sucre serait impossible puisque les bananes sont naturellement sucrées. Mais avouez tout de même que la quantité de sucre raffiné qui entre dans cette recette est plus que raisonnable !
  
Préparation
  • Allumer le four à 350 F.
  • Dans un bol, mélanger la farine, le bicarbonate de soude et les brisures de chocolat.
  • Ajouter les noix si désiré.
  • Dans un autre bol, écraser les bananes à l'aide d'une fourchette.
  • Ajouter le beurre fondu (ou l'huile) et l'œuf à la purée de bananes.
  • Verser les ingrédients secs dans le mélange aux bananes en une seule fois et mélanger.
  • Verser l'appareil dans un moule à pain préalablement graissé.
  • Faire cuire au four durant 50 minutes.
  • Vérifier la cuisson du pain à l'aide d'un cure-dent : il doit ressortir bien propre.

Essayez cette recette et je parie qu'ensuite, vous aussi vous vous mettrez à croire à des choses qui semblaient jusqu'à maintenant n'exister que dans un monde parallèle !

dimanche 16 décembre 2012

Un bon chocolat chaud


Chaque journée qui s'amorce est riche en surprises, quelles soient bonnes ou mauvaises. C'est ce qui constitue les aléas de la vie. Par contre, lorsque la vie nous malmène un peu en nous envoyant des petits désagréments, il n'y a rien qu'une tasse de bon chocolat chaud ne puisse adoucir. Ainsi, la prochaine fois vous vous sentirez un brin cafardeux, que ce soit parce qu'une vieille dame vous ait volé votre place de stationnement au centre d'achats en vous prenant de vitesse avec sa Chevette 1983, que votre dentiste vous ait annoncé que cette dent qui vous fait mal depuis quelques jours doit subir un traitement de canal ou que votre patronne que avez félicitée pour sa grossesse désormais bien visible, n'est tout compte fait pas enceinte, préparez-vous un bon chocolat chaud. Vous verrez que n'importe quel petit tracas de cet acabit possède la merveilleuse propriété d'être soluble dans la boisson chaude cacaotée. Un véritable remède anti-déprime ! En fait, c'est certainement le meilleur remède que je connaisse (mis à part le jogging !) qui ne fasse intervenir aucune substance alcoolisée, voire illicite.

Mais là, je vous entends me demander : « Joanne, as-tu une bonne recette de chocolat chaud à me donner ?». Et c'est là que je rétorque « Justement, j'en ai une.». J'espère que vous mesurez toute l'étendue de votre incroyable chance.

Ingrédients
  • Une tasse de lait
  • 50 g de chocolat 70% *
  • Environ ¼ de c. à thé de cannelle moulue
  • Une pincée ou deux de piment de cayenne **
  • Sucre (une petite c. à thé devrait faire l'affaire)
* Pour un chocolat chaud au goût plus riche, vous pouvez augmenter la quantité de chocolat à 60g, voire plus. Allez-y avec votre inspiration du moment.
** Pour ma part, je mets l'équivalent de 1/8 c. à thé de piment de cayenne, mais comme il s'agit d'un dosage "Spécial Joanne Extra épicé", je vous conseille d'y aller avec parcimonie la première fois, quitte à en augmenter la quantité par la suite.

Préparation
  • Hacher le chocolat grossièrement ou briser-le en petits morceaux.
  • Placer le chocolat dans une petite casserole et verser le lait.
  • Ajouter les épices.
  • Faire chauffer sur feu moyen-élevé en remuant constamment avec un fouet et ce, jusqu'à ce que le chocolat soit fondu et que le liquide soit bien chaud (ne pas faire bouillir).
  • Verser dans une grande tasse, sucrer au goût et déguster.

Posologie

Prendre une tasse à toutes les fois qu'un souci vous turlupinera.

Pour ma part, je crois aux vertus de la prévention et m'en prépare régulièrement une bonne tasse, juste au cas où.

dimanche 2 décembre 2012

Sept trucs infaillibles pour un Noël gastronomique

C'est bientôt le Temps des Fêtes™ et la saison des réceptions. C'est votre tour de recevoir la famille ou les amis et vous commencez déjà à angoisser : la soirée que vous offrirez à vos convives sera-t-elle à la hauteur?

Elle est bien loin, l'époque des Noëls d'antan, où matantes et mononcles, cousins et cousines se servaient à qui mieux-mieux dans un buffet composé d'un pain-sandwich, de céleris au Cheez-Whiz, de petites saucisses cocktails dans la sauce V-H et d'un mystérieux aspic multicolore venu de la planète Mars, le tout arrosé généreusement de Québérac en cruchon. C'était l'époque glorieuse des Recettes Kraft et des petits sandwiches pas de croûte, de la bûche de Noël Sara Lee et du Kik Cola. La vie était simple, les Québécois un peu rustres et la nourriture un prétexte pour que toute la famille, alors fort nombreuse, se retrouve chez grand-maman.

De nos jours, Noël et le jour de l'an sont devenus des fêtes au faste hollywoodien, où la paillette et le glamour sont de mise. La société québécoise moderne a atteint un degré de sophistication qui surprendrait Jehanne Benoît et Pol Martin. Tout le monde et son beau-frère est maintenant un chef ou un sommelier en puissance. Recevoir n'est plus un moyen de voir son monde, mais s'est transformé en un épisode (à grand budget, s'entend) d'Un souper presque parfait. Le cristal a remplacé les verres de plastique et le Pied-de-vent le Velveeta. Bref, qui dit réception du Temps des Fêtes™ dit maintenant cocktail dînatoire, repas sept services, plats somptueux, et accords mets-vins dûment documentés.

Les attentes des vos convives sont donc grandes. Comment les impressionner sans devoir vous taper l'intégrale des magazines Ricardo? Vous doutez de votre capacité à leur proposer une nourriture d'appellation gastronomique contrôlée? Les Becs fins ont pensé à vous! Voici sept trucs simples et infaillibles pour rendre vos plats gastronomiques et, au final, faire de votre réception un succès.

  1. Ne mettez pas les aliments un à côté de l'autre dans l'assiette. Cette disposition est vulgaire et conventionnelle. Mettez-les plutôt un par-dessus l'autre. Votre assiette prendra instantanément un tour des plus gastronomique.
  2. Il y a de ces ingrédients magiques qui ajoutent un petit je ne sais quoi qui fait toute la différence. Ainsi, transformez n'importe quel plat en plat gastronomique en l'aspergeant abondamment d'huile à la truffe. Vous verrez, il prendra instantanément un goût, euh, comment dire, gastronomique.
  3. Mettez impérativement au menu de votre souper de Noël des fruits et des légumes d'été. Manger des aliments hors-saison est une preuve de luxe (à défaut d'avoir les moyens de s'acheter une maison d'hiver dans les Antilles). L'été, les fraises, c'est convenu. Par contre, l'hiver, bien qu'immangeables, elles deviendront hautement gastronomiques.
  4. Plus le chef a de tatouages, plus les plats qu'il propose sont gastronomiques (et, accessoirement tendances et urbains). À Noël, surprenez votre maman en portant une chemise à carreaux aux manches roulées et en arborant des tatouages-fleuves sur les bras. Comme par magie, votre soupe aux pois au foie gras semblera tout droit sortie d'une cabane à sucre gastronomique.
  5. Vous voulez jouer de prudence et vous en tenir à des recettes que vous maîtrisez bien. Qu'à cela ne tienne! Prenez n'importe quel plat banal, changez un peu la recette, accrochez-lui l'épithète revisité et – paf! – il devient gastronomique. Jamais n'aurez-vous cru pouvoir servir du pâté chinois au réveillon de Noël!
  6. Vous le savez, on le répète souvent dans les émissions au Canal Manger, en gastronomie, il ne faut pas négliger la présentation. Déposé à plat dans une assiette, le manger n'est pas gastronomique. Mais le même manger, servit dans une verrine, une mini-cocotte ou une cuillère cocktail, emplira vos convives d'une satisfaction toute gastronomique.
  7. Enfin, au risque de donner l'impression de nous contredire, sachez qu'en vertu d'une approche postmoderne ironique, les mets kitsch peuvent devenir hautement gastronomiques. Tout est dans l'attitude et l'intention. Présentez votre buffet comme un hommage néo-trash aux Noël de votre enfance et voyez vos convives s'exclamer, un verre de Cuvée des Patriotes à la main et la bouche en cul de poule: « Ma chère, ces œufs mimosa sont un délice! »

dimanche 25 novembre 2012

Pour en finir une bonne fois pour toute avec "la" (sic) sandwich

Mettons un moment de côté la gastronomie et parlons langue française.

Hier, alors que je vaquais à mes occupations du samedi, j'attrape au hasard une réplique provenant de la télé. C'était l'invitée à une émission culinaire qui parlait sans vergogne d'une sandwich et personne, des animateurs ou des autres invités, ne la corrigeait ou n'osait la corriger. Venant de quelqu'un soi-disant expert en gastronomie, ça m'a fait tiquer et j'ai impulsivement publié le message suivant dans Twitter, au nom des Becs Fins :


C'était, on le comprendra, un simple gazouillis du genre « Mononcle fait une petite montée de lait ». Rien de très profond. Il semble cependant que le syndrome de LA sandwich agace pas mal de monde, parce que ce gazouillis aura suscité quelques réactions spontanées (bon, d'accord, quand il s'agit de Twitter réaction spontanée est un pléonasme). En particulier, un lecteur me souligne que pour sandwich, les deux genres sont acceptés au Canada.

C'est à ce moment que s'installa un léger doute dans mon esprit. Parce que, je m'en confesse, je n'avais pas fait de recherche préalable sur le mot sandwich avant de publier mon gazouillis. Et si j'avais induit mes chers suiveux en erreur? Et si ce gazouillis s'avérait un couac?

* * *

Je m'en confesse, ça fait des années que je n'ai pas ouvert un dictionnaire. Un dictionnaire en papier, s'entend. Mes dictionnaires de tous les jours pour le français sont l'excellent dictionnaire du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL), source fiable et issue de ressources publiques et universitaires françaises, et le Grand dictionnaire terminologique (alias GDT) de l'Office québécois de la langue française, un incontournable, surtout pour le lexique des domaines techniques.

Or, ces deux sources sont sans équivoque : sandwich est un substantif masculin. Le Grand dictionnaire va même jusqu'à mentionner: « Il s'agit bien d'un nom masculin (un sandwich)… ».

Dans sa Banque de dépannage linguistique (alias BDL), l'OQLF propose aussi un article intitulé Noms masculins que l'on emploie indûment au féminin. On y trouve le fameux sandwich, en compagnie notamment du pétoncle et de l'anchois. On précise aussi que certains de ces mots ont déjà été féminisés, et c'est notamment le cas de sandwich, ce qui pourrait expliquer que leur emploi au féminin persiste.

Enfin, notons que certains dictionnaires offerts gratuitement en ligne ou sous forme d'applications mobiles (par exemple celui-ci) utilisent les données issues du Littré, un dictionnaire datant du XIXe siècle, lequel définit sandwich comme un substantif féminin. L'article Wikipédia sur le dictionnaire Littré précise par ailleurs que ce dictionnaire « reflète un état de la langue française classique et du bon usage littéraire entre le XVIIe et le XIXe siècle.» Disons que je vais m'en tenir à mes sources habituelles, qui estoient plus contemporaines.

* * *

Bref, pour moi la question est close: sandwich – comme pétoncle, ustensile et arôme – est masculin. Ceci dit, je suis pour la liberté de parole et vous pouvez bien continuer à dire une sandwich si ça vous fait plaisir, mais maintenant le ferez-vous en toute connaissance de cause et à vos risques et périls.